Bon sang, cela fait seulement deux jours qu’a eu lieu la Patrouille des Aiguilles Rouges et je n’arrive déjà plus à me souvenir des détails. Comment cela s’est passé, déjà ?  

Ah oui, ça fait maintenant environ 10 jours que j’ai la toux. C’est vraiment usant ; surtout quand ça me réveille 5 fois par nuit. 

Nous avions décidé de nous inscrire à la Patrouille des Aiguilles Rouges reliant Arolla à Evolène par le glacier de la Vouasson en début de saison. 

Pourquoi ? Eh bien, elle se courre dans ma région, le Val d’Hérens.  

Ce que nous n’avions pas prévu au moment de notre inscription, ce sont les différents facteurs qui allaient nous amener à avoir peu d’heures de sommeil. D’abord, le passage à l’heure d’été et deuxièmement le concert annuel de la fanfare où joue Greg. Quelques jours avant la course, une annonce a été faite comme quoi le parcours était modifié et les départs repoussés. Personnellement, avec ma toux, j’étais assez contente de voir qu’on avait 1200 mètres de moins à faire et de pouvoir dormir un peu de plus.  

Samedi après-midi, nous sommes donc montés pour 14h30 à Evolène pour le contrôle matériel. Je vois avec joie que la corde, le piolet et le baudrier n’étaient plus obligatoires (du poids en moins- bien que finalement, je ne les aurais de toute façon pas portés moi xD). Les bénévoles contrôlent la pelle et la sonde. Je croise David qui m’annonce avec un grand sourire que ce sera sa première course. Nous allons ensuite chez mes parents et à 17h45 sonne l’heure du souper (Maman a fait de très bonnes lasagnes aux légumes). Puis à 18h15 nous nous mettons en route pour descendre à Grône, où a lieu le concert.

Pendant celui-ci, je reçois un message de maman qui m’annonce que les départs sont encore repoussés d’une demi-heure : départ 8 heures au lieu de 6 heures. J’exulte.  

A la fin du concert, nous décidons de rentrer rapidement afin de dormir la moindre.  A 6 heures 30 le lendemain, nous sommes prêts pour aller prendre le bus. Mon beau-père est déjà debout. « Il a plu toute la nuit, j’ai pensé à vous. Je vous emmène au bus comme ça vous êtes pas mouillés ». Trop chou. Arrivés à l’arrêt de bus, il nous regarde et nous dit : « Bon, j’ai de l’essence et je suis là. Je vous amène jusqu’à Arolla ! »

En haut, il y a quelques centimètres de neige fraîche. Mon beau-père nous dépose devant un resto. Nous allons prendre un thé après l’avoir remercié et s’être donné rendez-vous à l’arrivée.  Un homme (Dominique, d’après le nom sur son dossard) me voit avec mon baudrier et me dit que ça n’était pas nécessaire !! Je lui montre l’élastique croché sur le sac de Greg et je lui dis avec un grand sourire que oui, c’est très nécessaire.  

Arrivent gentiment les autres patrouilles et l’heure de l’échauffement. Nous passons le contrôle matériel mais nous devons ensuite rester dans la zone de départ sous peine de devoir repasser le contrôle. Je veux faire quelques accélérations. Nous repasserons donc plus tard. A 7h56, nous repassons le contrôle. En catastrophe, Greg aperçoit Alex et Caro à qui on devait filer une couverture de survie. Couverture donnée, départ annoncé. Nous nous trouvions à peu près au milieu de la grappe. Ça part assez lentement à pied depuis le milieu du village d’Arolla jusque plus haut. Nous chaussons les skis. J’entends hurler des copines qui m’encouragent, c’est sympa ! Après 20 minutes, j’annonce à Greg que s’il veut sortir l’élastique, je n’y voyais aucun inconvénient. Je croche donc l’élastique à mon baudrier.  Mes pulsations baissent de 2-3 bpm et ça fait une énorme différence. Les siennes par contre, montent de 10-15 bpm (haha). Il y a deux traces et un peu de poudreuse à côté. Nous restons quand même derrière un petit peloton à vitesse moindre que s’il n’avait pas été là.  Nous croisons Pierre-Alain, notre prof d’apiculture et ami sportif. Il nous dépasse mais nous ne nous avouons pas vaincus ! Alex et Caro nous font signe depuis devant. A un moment donné, nous décidons de dépasser le petit groupe juste devant nous. Je pense que Greg a un peu du trop tirer sur la machine (et sur moi) parce qu’il a presque eu la nausée. Trois respirations plus tard (et sans vomir !), nous repartons. Il neigeote toujours, c’est jour blanc. Nous arrivons à la fin de la première montée. Changement et descente. Je ne vais pas très vite aujourd’hui, j’ai pas spécialement envie de me faire mal. En bas de la première descente, les bénévoles nous disent : « Regardez ! En face, les Aiguilles Rouges !! » A part un mur blanc, on n’y voit rien. Mais, il n’y a ni froid ni vent et c’est agréable aussi. Nous continuons jusqu’au portage qui était assez long ! En haut, des visages connus ! C’est cool aussi, ça, quand on fait une course en pays connu. Caro et Alex sont juste devant nous mais lorsque nous arrivons à la fin de la descente, ils sont déjà repartis. Dernière montée, toujours jour blanc. Nous arrivons vers la cabane des Aiguilles Rouges mais nous ne passons même pas devant, on continue notre chemin car on sait que déjà bientôt arrivera la dernière descente. J’ai dit à Maman qu’on ferait 2h30 minimum, alors il ne faut pas qu’on tarde. Surtout que, connaissant Maman, après 1h45 de course elle serait déjà à nous attendre ! J

Arrivé au changement on ne traine pas. La première partie jusqu’à la cabane est bonne. Dure mais bonne. La deuxième partie, de la cabane à… un peu plus bas est ramollie mais bonne. Depuis la pente au-dessus du Lac Bleu jusqu’au lac, c’est le début de la fonte des glaces. La neige est pourrie jusqu’au sol car il a plu dessus. Cependant, le terrain est bon, plein de rhododendron et sans trop de caillou, ce qui nous permet de descendre sans trop de problème. Les cuisses chauffent. Arrivé un peu plus bas que le Lac Bleu, nous devons déchausser. Je vois Pierre, le guide avec qui j’ai fait la Dent-Blanche. J’enlève mes lunettes et lui fait un sourire, histoire qu’il me reconnaisse. Puis nous courrons jusqu’à Satarma en évitant de s’applaventrer. A l’arrivée, j’entends maman qui nous encourage, c’est hyper cool ! Nous faisons un peu la course avec une autre équipe mais elle termine devant. Je suis contente. Ça aurait pu être pire pour moi. Une quinte de toux accompagne mon bonheur. Je croise plein de visage connu, c’est chouette ! Pierre-Alain arrive 3 minutes derrière nous. On se sourit. Greg passe voir Alex et Caro qui ont fini 8 minutes devant nous ! (8 minutes mis à la descente !) Bravo à eux ! Puis nous rentrons à la maison, douche et dîner jusqu’à la remise des prix.

Sur la place centrale d’Evolène, il y avait un écran géant qui montrait les images filmées du matin. C’est pire cool !! Il y avait un hélicoptère transformé en bar et des raclettes. La remise des prix a lieu. Le présentateur est super divertissant, c’est un plaisir de l’écouter. Severine Pont-Combe gagne avec Paola Cavalli chez les Dames alors que Steven Girard et Marcel Theux sont sur la plus haute marche chez les Senior. Nicolas Combe vient me voir ensuite. J’avais pris contact en début de saison pour savoir s’il accepterait de m’entraîner. Il a accepté et n’a pas hésité à me dire que si j’étais malade, il aurait fallu que je me repose. Mais, il comprenait aussi que je sois venue. Une fois la cérémonie terminée, nous rentrons chez mes parents et je suis allée faire la sieste devant le feu avec une couverture, c’était super agréable. Espérons que dans deux ans, la météo soit plus clémente et que le parcours original puisse avoir lieu. On vous y attendra ! Merci à tous ceux que j’ai côtoyé pendant ce week-end. A bientôt, 

Floriane